Coup de Coeur NBA pour Vince Carter

Depuis près de 20 ans, Vince Carter enflamme les parquets NBA avec ses actions spectaculaires. Résumer l’énorme carrière de « Vinsanity » à sa victoire au Slam dunk contest du All-Star Game 2000 ou à son dunk au-dessus de Fred Weis aux JO 2000, serait totalement réducteur. Certes, on ne peut occulter le côté hyper spectaculaire du joueur, qui pourrait constituer cinq top ten de très haut niveau, rien qu’avec ses actions. Mais un joueur à la très longue carrière, cumulant 18,7 points par match pendant 19 saisons.

Vince Carter chez les Suns

Vince Carter chez les Suns

Un chiffre qui pourrait encore être plus élevé, si le joueur avait arrêté sa carrière il y a cinq ans. Carter joue cette année pour les Memphis Grizzlies et tourne à 10 points de moyenne. Rien d’extraordinaire, me direz-vous ? Oui, sauf si l’on regarde l’âge du Grizzly : 40 ans en janvier prochain. Les sportifs amateurs de cet âge que nous sommes, savent combien il est difficile de se maintenir à niveau techniquement et surtout physiquement. Le combat contre le temps est dur et perdu d’avance. Nous ne faisons que retarder l’échéance.

Voilà pourquoi, si se trouver dans un tel état de forme et proposer ce niveau de performance à cet âge, ne rentre peut-être pas dans le cadre de l’extraordinaire, cela force toutefois le respect et admiration. Grande évidence, on ne peut avoir des jambes de 20 ans lorsqu’on est deux fois plus âgé, c’est physiologique. De plus, les joueurs aux fortes qualités athlétiques comme Carter, pâtissent en général plus de la baisse naturelle est inéluctable du niveau physique que les joueurs très techniques ou les grands baobabs de 2m10 ou plus. Ses jambes ne le propulsant plus comme avant, il a dû faire appel à d’autres qualités. Il s’est éloigné du cercle, pour se rapprocher de la ligne à trois points. Tout comme Michael Jordan en fin de carrière, qui prenait plus de shoots mi-distance et faisait plus de post-up.

Washington Wizards v/s Phoenix Suns January 21, 2011

Washington Wizards v/s Phoenix Suns Janvier, 2011

Carter ne peut plus courir en coast to coast façon Westbrook pendant 40 minutes, Il utilise la valeur inestimable de son expérience de 20 ans en NBA pour éviter les efforts inutiles, Ses minutes sur le parquet sont très intelligemment distillées. Continuer à être performant dans une ligue où certains joueurs pourraient être ses enfants, nécessite plus que de l’intelligence de jeu et de l’expérience. Cela réclame un professionnalisme de tous les instants. Il faut déjà, bien connaître son corps et adapter sa préparation physique, ainsi que ça diététique. Certaines blessures sont pratiquement rédhibitoires à partir d’un âge avancé et revenir au plus haut niveau demande une grande volonté hors norme.

Le métabolisme entre également en ligne de compte, car nous ne sommes pas tous égaux physiquement. Le corps est un outil de travail pour l’athlète et la manière, dont celui-ci a été traité durant la carrière, conditionne la fin de carrière. Enfin, exception faite des piges supplémentaires effectuées pour régler quelques impayés, il faut avant tout toujours avoir l’envie de jouer, de s’entraîner, de se faire mal pour aller au charbon. Tout simplement, continuer à prendre du plaisir, quand on a déjà tout prouvé et que l’on est à l’abri financièrement pour plusieurs générations.

C’est à ce moment-là que le slogan « I love this game » prend toute sa signification.