FABULEUSE SLOVENIE

Un grand bravo à l’équipe de Slovénie qui a remporté l’Eurobasket ce dimanche. Un grand respect également à la Serbie pour son tournoi et la prestation offerte en finale. En effet, comme dit l’adage, il faut être deux pour faire un grand match. Si certaines finales sont parfois fermées et donnent lieu à des guerres de tranchées, ce ne fût pas le cas de celle-ci. L’enjeu n’a pas tué le jeu. Non pas que l’intensité défensive ne fût pas au rendez-vous, mais la technique et l’adresse des deux équipes étaient trop importantes pour ne pas assister à un superbe spectacle.

eurobasketJe m’attendais à voir les Serbes ralentir le jeu, afin d’empêcher les Slovènes de courir, mais les hommes de Djordjevic, emmenés par un royal Bogdanovic à 22 pts, ont répondu au défi slovène. Mais que faire face à un Goran Dragic transcendé auteur de 35 pts ? Cette finale, en plus de son score 93-85, nous a offert une dramaturgie rendant l’événement encore plus grandiose, quand Doncic, la nouvelle pépite du basket mondial, s’est tordu la cheville au troisième quart-temps. En larmes sur le banc, le jeune homme avait  compris qu’il ne foulerait plus le parquet du match.

Et que dire lorsque le physique de Dragic commença à lâcher et que le leader Slovène regagna le banc dans les dernières minutes du dernier quart-temps ?  Pour être tout à fait honnête, je ne voyais plus gagner des Slovènes amputés de leurs deux meilleurs joueurs avec une Serbie revenue au score et quelques minutes à jouer. Le momemtum était serbe. Mais le basket est ainsi fait, que l’irrationnel se mêle à la logique. On appelle cela le facteur X dans notre sport, quand un joueur inattendu performe au dela des attentes et fait pencher la décision d’un match. L’effort fut collectif, mais Prepelic (bien aidé par Randolph) avec ses 22 points et ses actions dans les trois dernières a contribué a offrir à son pays le premier titre européen de son histoire.

teamL’Eurobasket se terminait sur le succès de la Slovénie, petit pays de deux millions d’habitants, mais à la grande culture basket. Les slovènes n’ont jamais dévié de leur idée directrice de courir et de scorer, avec le dragster Dragic, MVP logique du tournoi, a la baguette. Avant le début de la compétition, le niveau a beaucoup été critiqué en raison de l’absence de nombreuses stars. J’étais d’accord avec cette analyse, mais le fait que les stars présentes étaient au rendez-vous, a rendu le tournoi très intéressant. J’ai assisté à de très beaux matchs. Et le  cinq du tournoi Dragic, Doncic, Bogdanovic, Gasol et Shved a de la gueule. Sans oublier Marc Gasol et Porzingis qui ont également porté leurs équipes respectives.

doncicJe terminerais par un coup de blues et un coup de cœur. Mon coup de blues est pour les Bleus, qui n’ont jamais réellement trouvé d’équilibre d’équipe, le leadership se partageant entre Fournier et DeColo. Boris Diaw n’a pas réussi à mettre de l’ordre dans la maison et la défaite en huitième de finale contre l’Allemagne n’est que le résultat d’un manque de cohésion aperçu tout au long de l’Euro. Mon coup de cœur est pour Luka Doncic. Je ne découvre pas le petit prodige, qui a dix-huit ans porte déjà de lourdes responsabilités au Réal Madrid, mais sa panoplie technique et la maturité affichée dans une telle compétition, laisse augurer d’un très bel avenir pour le slovène. Nul ne peut garantir ce qu’il adviendra et la tendance à l’enflammade n’est pas mon genre, mais le gamin a trop de basket dans les doigts pour ne pas réaliser une grande carrière Outre-Atlantique. Je ne dois pas être le seul à le penser, au vu des nombreuses équipes NBA qui souhaiteraient le drafter.