RUSSELL WESTBROOK : Ecrire l’histoire

Incroyable, stratosphérique, extraordinaire. Les superlatifs ne manquent pas pour décrire les performances réalisées par Russell Westbrook depuis le début de saison. 31 points, 10.9 rebonds, 11,3 passes décisives par match. Les chiffres donnent le tournis et le vertige. Westbrook ne se contente pas d’aligner simplement dix unités dans chaque catégorie statistique, mais score plus de 30 points par match également. Notons, qu’un seul joueur a réussi l’exploit d’accomplir une saison en triple double, Oscar Robertson avec 30.8 points, 12 rebonds et 11.4 passes décisives pendant l’exercice 61- 62.Une éternité. Nous sommes maintenant au quart de la saison régulière et Wesbrook vient d’aligner son onzième triple-double en vingt deux matchs, le sixième d’affilée. Il tentera d’égaler les sept à la suite réalisés par Michael Jordan en 1989, ce soir contre Houston. Après plus de vingt matchs, deux questions sérieuses et légitimes viennent à se poser. Premièrement, peut-il réaliser une saison entière en triple double statistiquement ?

Wizards v/s Thunder 03/14/11

Deuxièmement, peut-il être élu MVP à la fin de la saison régulière ? Tout d’abord, reconnaissons que le joueur est un athlète exceptionnel. Sa relative petite taille, 1 mètre 91, est compensée par des qualités athlétiques exceptionnelles en terme de vitesse, d’explosivité et de verticalité. Ces atouts lui permettent d’être performant d’un bout à l’autre du terrain. Il peut disputer les rebonds aux plus grands et lorsque le TGV d’Oklahoma est lancé, son agressivité vers le cercle le rend extrêmement difficile à défendre.

De plus, même s’il n’est et ne sera jamais un shooter pur, il a amélioré son tir à mi-distance et derrière l’arc, augmentant le casse-tête des défenseurs. Le fait de ne pas être entouré de grands attaquants, voire de grands joueurs, comme son ex coéquipier Kevin Durant, l’amène à prendre toutes les responsabilités sur le terrain. Oladipo est la deuxième option offensive, mais ne lui prendra jamais le ballon. Oui, l’exploit est possible. La condition sinequanone est évidemment de ne pas se blesser.

Le joueur, une pile électrique, qui joue chaque action sans s’économiser, s’expose donc à de la casse. Après une saison en triple double peut-il être élu MVP ? La réponse sensée est évidente est oui, sans hésitation. Cependant, cela n’est peut-être pas aussi simple que cela. Westbrook est en feu et sur un nuage, amenant le Thunder à un record de 14 victoires pour 8 défaites. Malgré ce beau ratio, OKC n’est que sixième de la terriblement relevée conférence ouest.

Que se passera t’il si la franchise baisse légèrement de niveau ? Westbrook porte l’équipe à bout de bras et l’aide d’Oladipo, Sabonis, Adams et consorts ne sera pas de trop. Les résultats de la franchise semblent trop dépendant de la forme du phénomène.Le sempiternel débat sur la valorisation de la performance individuelle dans un sport collectif risque de resurgir et de diviser. Imaginons même, qu’OKC ne se qualifie pas pour les play-offs, scénario possible en fin de saison.

Récompensera t’on un joueur dominant statistiquement ou un joueur des Cavs ou des Warriors au ratio de victoires beaucoup plus important ? Nous aurons à mi-saison, une idée encore plus précise de l’avancée de cette marche vers l’histoire. Donnons nous rendez-vous à ce moment de lasaison et dégustons, en attendant, ces performances extraordinaires. History is on going !