PSG : LES RAISONS D’UN ECHEC

C’est une bien triste réalité qui s’est abattue sur le Parc des Princes hier soir. En effet, force est de constater qu’il y a encore un écart entre le Paris-Saint-Germain et les grands d’Europe. Et oui, comme dirait Rabiot, « c’est facile d’en mettre huit à Dijon ». Bien entendu, sans aucun manque de  respect à l’équipe dijonnaise.  Je reste persuadé que la plus grande erreur de Paris a été de ne pas tuer la bête blessée au match aller. Je m’explique. En effet, le Real se présentait avec beaucoup moins de certitudes il y a trois semaines et semblait réellement en manque de confiance, impression confirmée par ses résultats décevants en Liga. Paris paraissait beaucoup mieux et c’était le moment idéal pour enfoncer un peu plus les Madrilènes. Même si le son de la Ligue des Champions n’a pas le même retentissement que celui du championnat domestique tant au niveau de la motivation que dans l’implication sur le terrain, l’occasion était belle. Au regard de la prestation des deux équipes à Bernabeu, le Real a dû se sentir extrêmement soulagé en rentrant aux vestiaires avec deux buts d’avance. Evidemment, bien que cela sauterait aux yeux d’un aveugle, il est impossible de ne pas voir que le Réal Madrid possède un joueur de classe intersidérale en la personne de Ronaldo. Trois buts en deux matchs. No comments. Nous n’avons de toute façon jamais douté des qualités du portugais, qui avait marqué une dizaine de buts l’an dernier  dans les matchs à élimination directe, mais ce dernier rend chaque jour un peu plus l’extraordinaire, ordinaire. C’est ce qu’on appelle un « clutch player » dans le milieu du basket.

psgEtre éliminé par le Real Madrid n’est pas la plus grande des surprise, ni des catastrophes. Ce qui me gêne, c’est l’attitude des parisiens, leur incapacité à enflammer le match. Plus facile à dire qu’a faire, allez-vous me dire ? Sans doute, mais je trouve que les joueurs parisiens sont installés dans un certain confort depuis trop longtemps. Aucun joueur ne doit être plus grand que le club, que l’institution. Paris est un grand club et doit le montrer à ses joueurs. Qui est le patron ? Nasser ? Il « kiffe » les joueurs et je pense qu’il leur fait moins peur qu’un Aulas à Lyon. Où était Neymar, hier ? Blessé, d’accord, mais je pensais le voir dans les tribunes au nom de l’union sacrée parisienne pour ce match. Le président doit mettre les joueurs devant leurs responsabilités et pas seulement l’entraîneur. Emery ? Sa responsabilité est importante. Certes, ce sont les joueurs, qui sont sur le terrain, mais Emery a très largement souffert de la comparaison avec Zidane durant ces deux confrontations. Le coach parisien semble transmettre la peur à ses joueurs. Son avenir est déjà écrit. Il ne sera pas là l’an prochain. Pas champion de France l’an dernier plus la « remontada » et l’élimination en huitième de finale cette année sont des résultats rédhibitoires pour le coach. Le costume était tout simplement trop grand pour lui. De nos jours, il faut plus qu’un homme avec un sifflet et des schémas tactiques pour entraîner un grand  club, mais un entraîneur capable de gérer un vestiaire avec des égos et se faire respecter.

Je reviens également sur le comportement de Verratti. Loin de moi l’idée de lui imputer la défaite. J’ai d’ailleurs toujours trouvé ce joueur très talentueux et très en avance pour son âge. Mais au bout d’un moment, il faut passer un cap. Ne plus être fort, mais très fort puis être un grand joueur. Cela passe aussi par une maîtrise de ses nerfs et de ses émotions. Cela fait des années que je le vois contester les décisions arbitrales et hier le couperet est logiquement tombé. Rabiot, tu ne veux pas jouer sentinelle. Sache que l’intérêt de l’équipe passe avant toute considération individuelle. On a beaucoup parlé d’argent à l’intersaison avec les 400 millions d’euros dépensés pour recruter M’Bappé et Neymar, mais comment ne pas le prendre en compte à l’heure du bilan. Paris a raison sur un point. Sans argent et sans stars, on ne peut gagner dans le football moderne. Le Réal a Ronaldo, mais le Real restera légendaire après la retraite du portugais. Les joueurs du PSG doivent ressentir l’identité du club quand ils enfilent le maillot.

Et maintenant ? La grande lessive ? Ce qui est sur,c’est qu’il faudra changer les joueurs qui ont échoué depuis des années. A mon avis, il faut aligner une équipe mixée entre joueurs de grands talents et d’autres plus « besogneux », prêts à mourir pour le maillot. Mercredi, j’ai vu la Juve se sortir des griffes de Tottenham avec de la réussite, mais surtout avec ce refus de l’élimination qui compose l’ADN du club. Mardi, il a manqué Neymar, c’est certain. Mais un autre joueur a également cruellement manqué au PSG. Celui-ci ne vend pas autant de maillots que le brésilien, ses contrôles de balles, ses courses et ses passes ont souvent été gentilement moqués, mais ce joueur donne tout sur un terrain, ce joueur connait la valeur d’un classico. Ce joueur, c’est Blaise Matuidi. Le succès tient parfois à peu de choses. Si le tirage pouvait etre un peu plus clément par exemple (Barca puis le Real en huitième quand le Bayern, second du groupe joue Besiktas). Le PSG va amorcer un virage important dans les semaines à venir. Le club a beaucoup d’atouts pour réussir, mais va devoir donner une âme à son équipe, au risque de passer pour une équipe de mercenaires attirés par l’argent quatari, trop forte pour son championnat, aux yeux du reste l’Europe.