LA LEGENDE FEDERER

On a le droit de ne pas aimer un joueur. On a le droit de lui préférer un autre par rapport à un style de jeu, une personnalité, une nationalité…mais il y a une chose que l’on se doit de respecter, c’est la performance. Elle pourra certes, toujours être relativisée, à juste titre parfois et d’autres fois par ce qu’on appelle communément de nos jours des haters. Guidée par un affect négatif envers l’athlète, elle sera dénuée de toute objectivité. Tout comme le sentiment d’amour pour le champion peut également magnifier cette performance, au delà de sa réelle valeur. C’est pourquoi les lignes qui vont suivre vont tenter de rester les plus objectives possibles, si tant est que cela soit réalisable.

L’article s’intitule la légende Federer. Et c’est bien bien une légende vivante qui arpente les allées de Melbourne. Roger Federer, redescendu au 17ème rang mondial est en demi finale de l’Open d’Australie, l’année de ses trente six ans. Le bâlois, déjà dans l’histoire du tennis, rajoute un peu plus de vie à sa légende en devenant le plus vieux demi-finaliste en grand chelem depuis Jimmy Connors à l’US Open 1991, à l’age de 39 ans. Les détracteurs diront que le tournoi est amputée par les défaites précoces de Djokovic et de Murray, mais le Suisse est-il responsable des errements des têtes de série numéro 1 et 2 ? Sûrement pas. Il a d’ailleurs merveilleusement profité de l’opportunité qui lui a été offerte d’affronter Mischa Zverev en quart de finale plutôt que Murray, battu au tour précédant par le gaucher Allemand. Un duel qui a tourné court. 6/1, 7/5, 6/2 en 1 heure et 30 minutes de jeu. Une montée en puissance que l’on a pu constater au fil des tours. Le premier vrai test était Berdych au troisième tour. Le Tchèque, solide top ten depuis plus de dix ans, doit cauchemarder à chaque fois que le Suisse se trouve dans sa partie de tableau tant Federer lui a barré la route ces dernières années. Un match qui suscitait beaucoup d’interrogations et une grande part d’inconnue.Trois sets plus tard, on se voyait rassuré sur le niveau de l helvète.

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Après six mois d’absence et à bientôt trente six ans, avouons que le niveau physique et la capacité à enchaîner les matchs au meilleur des cinq sets sur une quinzaine inquiétait plus que le coup de raquette du Suisse. Le match contre Nishikori, cinquième mondial et redoutable machine à renvoyer la balle s’annonçait compliqué et indécis. Et le combat le fut. Trois heures et trente minutes d’une intense bagarre où Roger nous a régalé de fantastiques coups gagnants comme à ses plus beaux jours. Ces cinq sets contre un adversaire aussi fort nous ont rassuré compte tenu des problèmes de dos que le Suisse a rencontré la saison dernière et tout au long de sa carrière. Surprise, c’est le Japonais qui se faisait même masser dans le set décisif. Revoir Roger taper de nouveau la balle à ce niveau est un immense plaisir, non seulement pour tous ses fans, mais tout simplement pour tous les amoureux du tennis. Sa cote d’amour et le respect qu’il inspire ne font que grandir au fil des années. En témoigne l’immense soutien populaire qu’il reçoit lors de cet open australien et dans les autres tournois auxquels il participe.

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La demi-finale contre son compatriote Wawrinka s’annonce explosive. Le Vaudois, qui a longtemps vécu dans l’ombre de son glorieux aîné, ne nourrit plus de complexe et sait qu’il a le physique, la technique et la puissance nécessaires pour faire plier la légende. Nous avons déjà parlé sur ce blog de la capacité à briller pendant une quinzaine, Auréolé de trois titres du grand chelem, il se présentera avec toutes ses chances dans ce derby helvétique. Si « Fedex » surmontait l’obstacle, on salive déjà à l’idée de le voir éventuellement affronter son meilleur ennemi en finale, Rafa Nadal. Nous sommes nombreux, excepté Dimitrov bien entendu, à espérer secrètement cette apothéose.

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L’espagnol, bien que plus jeune, fait lui aussi office de revenant sur le circuit et les deux hommes ne se sont plus affrontés en finale de grand chelem depuis la finale de Roland Garros 2011. Ils ont également été victimes de l’avènement de Murray et de Djokovic. Une petite revanche pour ces deux immenses champions et l’occasion de se retrouver pour une nouvelle explication. Federer est aussi un homme de chiffres hallucinants, Il disputera sa treizième demi-finale à l’Open d’Australie et sa quarante et unième en Grand Chelem. Beaucoup d’entre nous et plus particulièrement votre serviteur, le considère comme le Greatest Of All Time et rêvent de le voir soulever son dix-huitième tournoi majeur dimanche. Monsieur FEDERER, ce que vous avez accompli est déjà extraordinaire. Nous vous demandons juste de nous régaler encore quelques temps et de réaliser un nouvel exploit.

Respect et grand merci