LA DECIMA POUR L’OGRE DE L’OCRE

La décima. Un terme mis au goût du jour par le Réal Madrid et qui sied parfaitement à Rafael Nadal, victorieux de son dixième Roland Garros dimanche dernier. Nul n’est le but de vous abreuver de chiffres étourdissants, c’est pourquoi nous n’en retiendrons que trois. 10, comme le nombre de victoires à Roland Garros,. 0, comme le nombre de sets perdus pendant la quinzaine et 2, comme le nouveau classement ATP de Nadal ce lundi 12 juin 2017.

 

rafa1De vous à moi, qui aurait pu prédire avec certitude ce scénario, il y a un an, lorsque Djokovic remportait le trophée et trônait fièrement sur le toit du tennis mondial. Pour la énième fois, Rafa est revenu et déjoué les pronostics des plus sceptiques. Les tournois sur terre avant Roland Garros faisaient de Nadal le grand favori du Grand Chelem de la porte d’Auteuil. Quoi  de plus abouti que de faire respecter la hiérarchie, de gagner lorsque l’on est attendu.

rafa3Plus encore que la non perte d’un seul set pendant la quinzaine, c’est la manière dont l’espagnol a « corrigé » ses adversaires, qui a impressionnée. Beaucoup d’entre nous pensaient ou espéraient que la puissance de Thiem bousculerait l’espagnol en demi-finale, mais il n’en fut rien. Wawrinka se présentait en finale avec un ratio de trois victoires pour trois finales de Grand Chelem. De plus, la lourdeur et la puissance de son coup droit et de son revers combinés à la qualité de sa première balle laissaient augurer d’une belle bataille. Mais comme face à Thiem, l’espagnol ne laissa pas longtemps de doute quant à l’issue de cette finale. On a retrouvé le Nadal, qui vous oblige à jouer deux coups supplémentaires, viser les lignes pour le déborder et qui sanctionne la moindre balle courte. Non pas que Stan ait joué le match de sa vie, mais force est de constater que l’adversité était trop forte pour lui ce jour là.

rafa4Dix Roland Garros. Une performance incroyable, qui prendra encore plus de relief lorsque l’espagnol arrêtera sa carrière. Et maintenant. Quid du reste de la saison ? Nadal est numéro deux mondial et leader à la Race. La place de numéro un mondial à la fin de l’année est tout sauf utopique. Il se présente à Wimbledon, qu’il a gagné deux fois, avec un capital confiance énorme. Avec un Murray en recherche de sensations et un Djokovic en baisse de niveau, quel amateur de tennis ne souhaiterait pas vivre une finale Nadal-Federer sur gazon ? Le Suisse, qui a remporté leurs quatre dernières confrontations semble être le seul à pouvoir contrarier Rafa. Le taureau de Manacor a encore de belles heures devant lui et renaît une fois de plus à trente et un an. Cette deuxième partie de saison s’annonce grandiose et nous en salivons à l’avance.