Lucas Pouille, futur grand joueur de l’ATP ?

Lucas Pouille vient de remporter son premier titre à 22 ans sur le circuit ATP à Metz. Si cette victoire ne tient en rien de l’exceptionnel, elle est toutefois très encourageante.

Certes, ce tournoi n’était qu’un ATP 250, mais la victoire, même dans un tournoi mineur est toujours bienfaitrice et apporte une confiance non négligeable pour un sportif. Comme dit l’adage »une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne ». Notons, qu’il s’est tout de même défait de Dominic Thiem en finale, grand espoir et joueur estampillé « TOP TEN ».

Le Nordiste pointe à la 16e place du classement ATP le 26 septembre. C’est un bon classement pour son âge, quand on connaît la difficulté pour arriver à maturité jeune dans le sport professionnel.

Lucas pouille futur grand de l'Atp ?

Lucas pouille futur grand de l’Atp ?

Bien sur, il y a toujours des exceptions, des phénomènes comme Rafael Nadal, qui remporte son premier Roland Garros à 19 ans, mais à contrario des champions à maturation plus lente comme Federer, qui remporte son premier Wimbledon à « seulement 23 ans » et rajoute 16 autres grands chelems à son palmarès par la suite. Si les comparaisons avec ces deux légendes du tennis et du sport s’avèrent totalement inappropriées, je me sens toutefois obligé d’étalonner Pouille avec la génération des « nouveaux Mousquetaires », Monfils, Gasquet, Tsonga et Simon.

Certes, Gasquet était déjà présent au Masters 2007 à l’âge de 21 ans et avait une palette plus large de coups, cependant Lucas Pouille possède, à l’instar d’un Jo Tsonga, dans son arsenal offensif deux gros coups forts, le service et le coup droit.

Une très bonne première balle n’est pas un luxe quand il s’agit de s’offrir un à deux points gratuits sur sa mise en jeu ou de pouvoir appliquer un schéma de jeu pour sauver une balle de break.

Lorsque l’on ne peut pas ramener 20-30 fois la balle en grande cadence dans un même échange comme Djokovic, Nadal ou Murray, un ace ou un service gagnant vous économise pour le reste de la partie.

De plus, lorsque le joueur est « chaleur » sur son gros coup, il devient un réel danger pour les meilleurs joueurs mondiaux. Malgré un classement autour de la 30eme place mondiale, un Isner ou un Karlovic, peuvent vous amener dans trois tie breaks où tout est possible, un jour de transe sur leurs services respectifs.

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Un autre aspect encourageant dans la jeune carrière de Lucas Pouille est son mental. Les joueurs français sont souvent connus et réputés pour leur manque de mental, mais je trouve que Lucas ne répond pas à ce critère. Il a cette qualité de « matcheur », la capacité de s’accrocher à chaque match, même quand la qualité de jeu n’est pas au rendez-vous. Le sport n’est pas que statistiques, mais certaines sont pour moi très parlantes. Notamment, celle qui concerne les victoires en cinq sets.

Elle démontre pour moi, la capacité qu’a le joueur à se sublimer physiquement et mentalement dans ce moment d’extrême tension. Il y a des moments dans le tennis, où la technique individuelle prend une importance moindre au profit de la capacité d’aller au-delà de la fatigue physique et de l’aptitude mentale à ne pas craquer dans les moments importants.

Le cinquième set fait partie de ces moments. Lucas affiche un record de quatre victoires et une défaite lors de ces cinquième sets décisifs, dont la victoire significative contre Rafa en quarts de finale de l’US open. Les plus sceptiques diront, à tort ou a raison, que l’espagnol n’est plus le même joueur. Croyez-moi, accrocher Nadal, avec un break de retard dans l’ultime manche tout en tenant le choc physiquement, est tout, sauf un mince exploit. J’ai vu un Richard Gasquet, que je considère comme l’un des joueurs les plus talentueux de sa génération, s’écrouler physiquement, perclus de crampes et prendre 6/0 contre Hewitt au dernier set de l’US Open.

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Il y a un autre paramètre et non des moindres, qui rentre en compte dans l’avènement futur d’un champion que la France attend depuis Yannick Noah, c’est l’adversité. En effet, le talent reste le talent, mais la concurrence joue également un rôle dans le palmarès. J’ai souvent défendu les joueurs français en argumentant sur le fait qu’ils étaient tombés sur une génération exceptionnelle de champions, argument tempéré par un post sur ce qu’a réussi à accomplir Wawrinka durant cette période. Si Andy Murray ne devenait pas numéro un, pourrait-il être le numéro 2 le plus fort de l’histoire ?

Est-il plus fort que Rios, Ferrero, Moya, Kafelnikov, qui ont atteint le rang de numéro 1 mondial durant la période post Sampras ? Dans un tout autre sport, le coté extraordinaire des 45 buts de Cristiano Ronaldo sur une saison de Liga a t’il été éclipsé et relativisé par les 50 buts de son rival Messi ?

Il reste à espérer que les Coric, Zverev, Kyrgios et autres jeunes loups ne soient pas du niveau de leurs glorieux aînés. Le plus dur commence pour Lucas Pouille. Il est maintenant attendu et il est français. Il vient d’un pays, dont aucun joueur n’a gagné de grands chelem depuis plus de 33 ans (134 GC d’affilés, tout de même). Si sa progression se confirme, il n’échappera pas à la traditionnelle question d’avant Roland Garros : qui pour succéder à Yannick Noah ?

De plus, il semble que la relève du tennis français ne soit pas si nombreuse et si forte que cela. Un poids de plus rajouté sur les épaules de notre représentant. Toutefois, le jeune homme a l’air de faire fi de la pression pour l’instant. Je lui souhaite de garder la tête froide et de gérer sa carrière au mieux, en espérant secrètement qu’il pourra amener à notre pays, un titre en Grand Chelem et une place dans les trois premiers mondiaux dans un premier temps.

Pour conclure, donc pas d’ « enflammade », attendons de voir. La saison 2017 apportera, je pense, beaucoup de réponses à nos questions.

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