MONTE CARLO : Le retour de l’ogre

Et voila ! 11ème titre à MonteCarlo et 31ème Masters 1000 pour Rafael Nadal. Ce n’est pas une surprise, certes, mais il ne faut banaliser la performance. Je dirais même qu’il faut la saluer. Cela parait anecdotique, mais l’espagnol n’ a pas perdu un seul set sur la semaine monégasque. Il n’a laissé que cinq petits jeux à Nishikori en finale et a broyé Thiem 6/2 6/0 en quart de finale, alors que l’autrichien était annoncé comme l’éventuel caillou dans la chaussure de Nadal. Le message envoyé par Nadal est plus que limpide: « Je suis de retour et je ne laisserai personne m’empêcher de régner sur la saison de terre  battue ».

Maintenant, la question qui brûle toutes les lèvres : « Qui peut empêcher le plus grand joueur de l’histoire sur terre de gagner Roland Garros cette année »? Honnêtement, personne. Si son corps ne le lâche pas, je ne vois pas qui peut tenir la distance sur un match au meilleur des cinq sets contre lui. Bien sur, on est jamais à l’abri d’un « jour sans » ou d’un joueur en transe, mais force est de reconnaître que le niveau de Rafa sur terre réduit fortement le champ des possibles. J’ai même vu l’espagnol raccourcir les échanges en finale, sans doute pour préserver au mieux son capital santé.

Les absents ont toujours tort et je déplore l’absence de Federer, même si j’en comprends les raisons. Je pense que le Suisse était le plus à même de déranger Rafa sur la saison sur terre. Non pas qu’il soit plus fort que l’ibère sur cette surface, mais Roger est rentré dans la tête du taureau de Manacor depuis l’an dernier et quand on connait l’importance du mental en tennis…C’est une des raisons qui avait permis à l’espagnol de battre le suisse dans son jardin de Wimbledon, il y a dix ans . J’ai bien peur que beaucoup de joueurs perdent 90% du match dans le vestiaire contre le croque mitaine de l’ocre. Attention, si tu te comportes mal, tu seras dans le tableau de Rafa. Le « vamos » risque de raisonner fort dans les allés du tournoi de la porte d’Auteuil encore cette année.