NADAL : En route vers le triple 10

Rafael Nadal, grand agitateur de ce début de saison avec une finale en Australie et une finale à Miami, vient de remporter son dixième Monte Carlo et son dixième Barcelone dans la foulée. Si nous sommes conscients de l’exploit, nous rendons nous vraiment compte de la performance ?

Nadal-Garros

En juin prochain, il visera un dixième sacre à Roland Garros. Pour réaliser la portée de la domination du champion, il faudra surement attendre le crépuscule de sa carrière et peut-être attendre quelques années, voire quelques décennies avant de rencontrer un autre champion de cette envergure. La saison sur terre battue, sur laquelle il règne depuis plus de dix ans, ne semble pas cette année connaitre une autre issue que les précédentes. Il reverdit sur la terre et l’absence de Federer, les doutes de Djokovic et la baisse de Murray font de lui un candidat plus que crédible au titre de numéro un mondial à la fin de la saison. Ses plus fervents supporteurs se réjouissent de son retour au premier plan, mais également les suiveurs du circuit.

Le tennis à besoin d’un Nadal au top physiquement, se mêlant à la lutte pour la  victoire finale dans les grandes échéances. A bientôt trente et an, le Majorquin vit les dernières saisons d’une extraordinaire carrière maintes et maintes fois annoncée comme finie par le passé. Cette énième résurrection montre les vertus de combat et d’abnégation de l’espagnol, si tant est qu’elles soient encore à démontrer. Déjà reconnu comme le plus grand joueur de l’histoire sur terre battue, chaque nouvelle victoire est une ligne de plus qui grossit son palmarès et grandit sa légende.

Si les fans de la petite balle jaune se sont souvent divisés en pro Federer ou en pro Nadal, les supporteurs des deux champions doivent se réjouir du retour de leur favori, annonçant le retour des duels épiques des années 2000. Parler du retour en forme du Suisse n’est pas un crime de lèse-majesté tant leurs carrières sont intimement liées et tant leurs légendes respectives se sont nourries de cette rivalité.

A l’heure ou sont écrites ces lignes, Nadal vient de se qualifier pour les demi-finales du Masters 1000 de Madrid, où l’attend un alléchant rendez-vous contre Djokovic . Un match test en perspective de son graal, la « decima » porte d’Auteuil au mois de juin. Sans aucune peur de s’avérer redondant, nous ne réaliserons que pleinement ce que réalise l’espagnol à la fin de sa carrière. Tel un Messi, un Ronaldo ou un Bolt qui ont porté leurs disciplines vers des sommets très élevés, Nadal, légende toujours en activité, rend l’extraordinaire, ordinaire. Les plus sportifs ou plus compétiteurs d’entre nous connaissent la difficulté d’être régulier dans la performance. Gagner, même « un jour sans », grâce à un niveau de jeu moyen très élevé et surtout à un mental à toute épreuve, n’est pas l’apanage de tout à chacun.

Le retour de « l’ogre de l’ocre » force le respect que l’on soit fan ou simple observateur. On peut développer une animosité envers un joueur au début de sa carrière, mais le palmarès reste le juge de paix à la fin de la vie tennistique. Votre narrateur confesse ne pas être un officionado de l’espagnol de la première heure, sans doute dû à une admiration pour son rival helvète, mais le respect pour le champion et l’homme, dont on n’oublie trop souvent l’extraordinaire fair play, est immense. Point rageur de la gagne.  VAMOS RAFA.

 

 

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